20 h 03, une victoire sans musique
Avant d’entrer en scène, la présidente élue raye la « victoire du peuple français » de son discours: une victoire n’autorise pas à parler au nom de tous. À minuit, les notes des administrations sont déjà sur la table, et avec elles la première question du quinquennat: un fidèle à Matignon rassurerait le parti, un profil extérieur rassurerait les marchés.
Matignon et le premier gouvernement
Elle choisit Claire Montfort, ancienne présidente d’exécutif territorial, connue pour sa fermeté sans goût de l’escalade. Dix-huit ministres, trois textes pour les trente premiers jours: sécurité du quotidien, frontières et séjour, pouvoir d’achat. La procédure accélérée donne le rythme ; elle ne donne pas les voix.
Le Parlement, les juges et Bruxelles
Sans majorité automatique, il faut retirer ce qui serait censuré, négocier ce qui peut passer, accepter qu’un texte voté de justesse soit en partie corrigé par le Conseil constitutionnel. À Bruxelles, la présidente n’est ni accueillie en révolutionnaire ni traitée en intruse. Et le budget impose un premier renoncement: pas de baisse générale de la TVA.
La première crise
Fin août, un naufrage dans la Manche transforme une tragédie humaine en crise politique en quelques heures. Entre les associations, les maires, ses propres électeurs et le droit du sauvetage en mer, la présidente doit trouver une phrase qui tienne. En arrière-plan, une question ne la quitte pas: dissoudre ou négocier ?
« Dire que tout est possible est la manière la plus rapide de n’être cru sur rien. »
