Le Havre, 20 h 02
Le discours préparé contenait le mot « refondation ». Il le retire: ce mot a trop servi à promettre une page blanche que l’État ne sait jamais offrir. Après minuit, il demande une liste courte de décisions utiles dans les trente jours, et refuse tout ce qui exigerait une majorité imaginaire.
Matignon et le premier gouvernement
Pour Matignon, Agnès Ravel, ancienne maire puis ministre déléguée, pose une condition: négocier avant de communiquer. Trois chantiers sont retenus: une loi de simplification, un texte sur l’école et une conférence sur le travail et les salaires. La retraite, sujet inflammable, ne revient pas sur la table par réflexe.
Des majorités texte par texte
La simplification passe grâce à des voix de droite et du centre, l’école au prix de nombreux amendements. À Bruxelles, la France défend une préférence européenne pour les achats stratégiques. Puis arrive la note budgétaire de juillet, plus sévère que les projections de campagne. Le président décide de la rendre publique.
La première crise
Le week-end du 14 juillet, une panne de signalisation bloque plusieurs lignes régionales. Crise modeste à l’échelle d’un pays, elle devient un symbole: le redressement se lit dans le train supprimé et le guichet fermé. À la rentrée, le budget reporte une baisse d’impôt promise, et Matignon renonce au 49.3 préventif.
« Moins la promesse d’un pays nouveau que l’obligation de faire fonctionner celui qui existe. »
